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lundi 30 janvier 2012

Best of POP 2011



Stay + : stay positive

Le moment fort de l'année pour moi, j'écoute ce titre depuis 6 mois sans arrêt (voir le post) Ce groupe anciennement baptisé Christian AIDS et renommé Stay +/Stay Positive, explore les traces mnésiques et auditives d'une nuit dans un club au son de la rave du début des 90's. Fascinant, méchant, glorieux, hystérique, cataclysmique. Je m'identifie à 100% à cette musique qui réunit tout ce que j'aimais dans les effets sur les voix et réverb chez Slowdive + le son de Underworld, de la techno/trance d'alors.











Rainbow Arabia : without you


Un groupe/couple déjà évoqué en 2009 ici même, nouveau titre plus Siouxsie que jamais, mais sous une production pop synthétique spatiale et variée proche du meilleur Depeche Mode..










New Look : the ballad + (koreless remix)

Autre couple pour une balade bluesy qui évoquerait Portishead mais passé au filtre métallique et froid du dubstep (le remix de Koreless), sans rythmes, qui résonne au travers d'espace immenses, intérieurs, intenses. Langoureux et cruel.




Protect U : U-uno
Deux garçons de Washington, bidouilleurs très groovy de house classique, cru 86-88, du rétro du meilleur tonneau.








Elbow : the night will always win
Le genre de groupe pas sexy, songwriter sérieux, sans images et aux pochettes, clips et look moche ou banal, bref pour les plus de 40 ans, mais une superbe chanson.




Austra : the choke

Une voix tendance (Florence & the Machine, Marina & the diamonds, c'est à dire Siouxsie & the Banshees), un tempo dur de pop synthétique 80s et une mélodie lyrique et glaçante, limite larmoyante. Un classique.





S.C.U.M. : Whitechapel
Un nom et un look "cool", de jeunes anglais, reprenant le filon Echo & the Bunnymen/ pop gothique et voix caverneuse, mais avec glamour (réverb) et groove (tendance happy mondays sur ce titre en tout cas). Simple mais ça vous reste dans la tête toute la journée. Le reste est du packaging propre et chic rétro 60s (arty : clip réalisé par des YBA), poses à la Morrissey/Brett Anderson etc... dont il ne restera plus rien bientot, mais qu'importe.







The Sound of Arrows : wonders
Un couple gay scandinave, gentillets et lisses, mais de superbes mélodies parfaites pout toute la famille, dans un monde normal et gentil, ce serait numéro 1 : les enfants d'abba, de pet shop boys et d'erasure...






John Maus : believer
Un crooner gay lo-fi qui se prend pour un chanteur de dark métal accompagné par OMD, une sorte de Ariel Pink synthétique.




Gauntlet Hair : top bunk

Si Pavement avait écouté Happy Mondays des débuts : psychédélique, tordu, chromatique et viscéral. Un des rares groupes à guitares que je supporte encore.





Phantogram : don't move
Groupe moyen (un autre couple encore) et trop suiveur (entre Miike Snow et Vampire Weekend) mais une chanson dont ne ne se lasse pas, alchimie réussie pour moi eentre tempo dance/voix et mélodie à fredonner et production sophistiquée.





Holy Ghost : I wanted to tell her
Au départ ça sonne creux et cheap, et ça sent la blague (reprendre un titre obscure du groupe industriel Ministry quand ils faisaient de la pop synthétique, entre Bronski Beat et Scritti Politti) mais tout dans ce bijoux de contrefaçon funk blanc 80's séduit, honteux mais très chic et irrésistible. Pour les fans de DFA , Hercules & Love Affair et Miracles Club.







Grails : I led three lives

Ce qu'il reste pour moi du rock, tendance Spiritualized/Black Sabbath, sombre et lancinant, mais assez vaporeux, ambient et hi-tech (panoramique) pour ne pas être trop beauf, donc vraiment menaçant et ardent.







Memory Tapes : Yes i Know


Déjà présent en 2009 dans ce classement, je suis un grand fan de ce son unique, plat, clinquant et discret, plein de suprises et de bifurcations sans être baroque fatiguant, une ré invention de ce qu'aurait pu devenir New Order : des mélopées aux claviers, à la fois hyper joyeuses (enfantines) et des mots et couleurs mélancoliques très british 80s. Un songwriter solide désormais. et un clip fascinant, très Henry Moore





Future Islands : before the bridge

Comme si Frank Black des Pixies était accompagné par New Order, ou Pere Ubu version dance. Je n'aime que cette chanson d'eux, mais c'est de la pop mainstream/adulte très digne.




Boy friend : lazy hunter

Un groupe parmi tant d'autres, dans la vague actuelle de chansons timides et vaporeuses, du shoegaze synthétique (glo-fi ou chillwave), entre Saint-Etienne, Cocteau Twins et Fieldmice. Bouleversant.





Cold Cave : the great pan is dead
Une sorte de powerpop très fin des 80s' (pensons à
Jesus Jones ou Carter USM), guitares hyper compressés et synthétiques, chant caverneux, posture de travelo glamour noir (pour JL Verna) et mélodie tubesque, lyrique, euphorique, violente et désabusée...



mercredi 7 septembre 2011

Stay +







Un post rapide sur mon tube de l'été. Stay Positive par Stay+, anciennement baptisés Christian AIDS, mais renommés suite a des problèmes avec l'association chrétienne Christian Aid. Un groupe/projet/duo (?) anglais. Une basse synthétique ramenée au premier plan qui fait office de mélodie, des sonorités mouelleuses et métalliques (Underworld était les maitres d'un son hybrique entre techno dure et les glissements plus soft de la trance). Ca dessine un imaginaire souterrain de tuyaux et de ruines industrielles (cf. le clip de Prodigy no good), des usines vides des parents désormais au chomage dans ce nord de l'Angleterre : ainsi célébrées et exorcisées. Le tempo tendu, nerveux, méchant est contrebalancé par les voix lointaines qui flottent sur des synthés mélangés à des éclats de cymbales indistincts. Le fil risque de se perdre dans des réverb ambient et silencieuse mais embraye sur un mode boom-boom classique néanmoins hanté par des choeurs de doo-wop à la tim burton. Le refrain est bati sur un riff synthétique strident (qui me rappelle Altern 8 ou LA Style) mais légèrement poli et flouté. Stay+ dessine un paysage sonore panoramique, mental, physique, techno-punk (avec le coté rétro de ce terme), paranoïaque et enveloppant.
 




L'apparition finale du morceau de Robin S "Show me love" (tube des clubs et radio en 1993) est une vraie trouvaille : elle suggère que le titre que nous venons d'entendre (de Stay +) n'est que ce qui résonnait dans la tête de quelqu'un qui écoutait ce titre là en club en 1993. On remarque alors rétrospectivement que Stay Positive reprends certains patterns rythmiques et ondes sonores de ce titre. Il s'agit donc d'un document sonore et d'une perception subjective d'autre chose. C'est une sorte de statement méta-club, post dance music assez asticieux, sans sacrifier le coté dansant.





Néanmoins, ils produisent un son véritablement actuel, impossible jadis, qui bénéficie des façons de construire et de superposer les tempos et intensités du dubstep autant que d'une dramatisation du son (les effets surround et panoramiques) dus aux ambiences pré-settés des logiciels de mixage. Au point de vue de la personnalité du groupe, ils jouent avec l'imagerie de l'émeute, d'une britishness sombre et non-working class et du document recyclé, d'un anonymat propre à la culture club des 90s et d'un mystère crypté/cagoulé comme WuLyf. L'acid sans l'euphorie.



On est là devant une sorte d'équivalent anglais a la witch house (oOooOo, Balam Acab, Rabe rainbow, Salem) ou au rnb psychédélique actuel (How to dress well, The Weeknd) mais adapté à l'univers club/dance culture/rave music : explorant des intuitions jamais creusés alors dans la diva house ou le ballearic, le shoegaze (Slowdive), le trip hop (les premiers Massive Attack) la trance (Fluke), la stadium house (KLF), et l'europop pour les tordre, les gonfler, les étirer, les saturer et les habiter plus profondément. Un beau programme pour la pop à venir donc ...



Leur premier EP réunit scum, fever, stay positive et young luv

mercredi 14 juillet 2010

Politiques du corps sonore

Comme quoi la pop music est une affaire de corps, de corps politique ET sexuel, la preuve en images, autour de pochettes de disques de musiques populaires et médiatisées fondamentalement sexuées autant que musicales. Inspiré de la pochette du nouveau Scissor Sisters, utilisant une photo de Robert Mappelthorpe, pop queer et disco en réponse au rock (déjà ambigü) des Rolling Stones (alors signée Warhol)








Politique du point de vue (devant ou derrière), du masculin/féminin, à la fois chez le consommateur (celui qui regarde/écoute/achète) et chez le producteur (le musicien en qui on va s'identifier en écoutant la musique), politique de classes (ouvrier chez Springsteen), de musiques seulement sexy ou plus profondément problématiques (sexistes ou revendicatrices), authentiques ou synthétiques, mais aussi de race et ensuite mélanges et jeux d'ambiguités en tout genres ...