mardi 30 décembre 2008

Best Of 2008, les EXPOS

Un mot sur ces expos qui m'ont fait travailler et avancer en 2008 :

L'homme exposé, épisode 1, au Musée de l'Homme
Une exposition de service publique, essentielle à tous, scolaires, profs, intello ou simple curieux, artistes ET commissaires : cf. mon post récent.



Insolubles solides, l'exposition de Cyriel Dietrich à Bétonsalon


Une exposition des plus sobres et même "ultra contemporaine", au sens de presque vide, anti-spectaculaire, sèche "comme un white cube allemand", et pourtant, une inscription dans l'espace qui est humble vis à vis des murs de parpaings et du lieu qui a (presque) toujours été plus fort que les oeuvres qui y étaient présentées. Une entrée en matière sur une photographie stratifiée et décomposée de Blinky Palermo (merci pour la magnifique conférence!) parfaitement prolongée dans les montages de Cyril Dietrich (commissaire qui ose et sait s'exposer) qui défait image et couleur. Ce mouvement de l'image vers le volume grandit progressivement, comme dans un cône de projection, en passant par les lattes des bancs de Dan Peterman, l'hélice de Gennari, les grains de lumières de Aurélien Mole et les particules d'argent qui font échos à la gravure de Frantz Gertsch, immense surface texturée qui avale et reflète toutes les autres oeuvres. Un mouvement résumé par le livre de Wolfgang Schindler. Un espace cosmique et matériel propice à la méditation. L'espace vide est littéralement offert au spectateur pour y exercer sa capacité à se projeter et à se mouvoir entre les oeuvres, physiquement et mentalement, entre particules et paysage. Bravo !




Neutre intense 3 : It's Gonna Rain



Au fond très proche de l'expo de bétonsalon, ce troisième volet de Christophe Gallois est le plus réussi, en terme d'occupation de l'espace t de fluidité et même de malice des échanges entre les pièces et les artistes. Du négatif au positif, des divers degrés de noir et blanc en passant par divers niveaux de dénivelés et de relief inframince (les plaques ondulées de Josef Strau - la révélation de l'expo pour moi - en écho aux coussins de velours cotelés de Ryan Gander, tant vu mais toujours aussi bien). Sans oublier la vidéo maniérée et désuète d' Aurélien Froment qui fonctionne pourtant très bien ici. Une exposition qui ralenti le regard et récompense la patience : qui enfonce le regard dans l'épaisseur des surfaces.






Les feuilles à Super, une exposition de Yoann Gourmel et Elodie Royer
Une belle façon de décomposer l'image de son support physique, grâce à l'entrée en matière efficace de la vidéo d'Aurélien Froment qui pose la question des points de vues possibles devant, derrière, au travers, sous, avec, contre une image et son support physique. Clément Rodzielski prolonge les faits en confondant le cadre et l'image même, Isabelle Cornaro une nouvelle fois dissèque de front ce que tous les autres abordent de loin, par diverses controsions : la chimie de la lumière et du pixel puis son inscription sur la feuille. Malicieuses, tranchantes, ironiques, ridiculement sèches mais franchement comiques aussi, ces pages qui s'ouvrent comme des portes ne font que révéler notre désir jamais satisfait de voir des images. Et avec si peu, elle y arrive, avec ces miroirs opaques !






L'exposition de Eija-Lisa Athila, Une rétrospective au Jeu de Paume
Un accrochage exemplaire et une façon intelligente de travailler la projection vidéo multiple, l'échelle de l'image, l'orientation des écrans, la circulation des corps parmi les images, le rapport entre visuel et psychologique, l'héritage de la publicité (plus que du cinéma) sur l'art vidéo. Cette exposition démontre que cette artiste est une maître en sa matière, une leçon pour chacun voulant projeter une image et comprendre comment on la reçoit. A noter l'installation très godardienne sur la Guerre d'Algérie (where is where ?) : le problème principale de notre culture actuelle que personne ne traite dans l'art en France et qu'elle aborde modestement mais sans fioritures non plus, nous mettant au centre des champs/contre-champs entre ici et là-bas, entre hier et aujourd'hui.







8002-9891, Claude Closky au MAC VAL
Donc un espace noir mais pas vide, au contraire : un espace saturé d'informations et de signes, de langage, de codes, de mots, de phrases , de corps qui les prononcent, de souvenirs et d'idéologies. Tout une langue médiatique incarnée qui nous traversent la tête (grâce aux écouteurs portés par les visiteurs) comme le ferait une sonde ou un scanner allant chercher dans la culture pop française que l'on refoule mais que l'on porte en nous. Un vrai travail sur i'dendité nationbale, Closky semble volontairement travailler le territorial en pointe et en profondeur à l'inverse de ses ainés (lavier, boltanski, buren) qui sont désormais des stars internationnales. Très attaché à la nov'langue internationnale des médias et de la pub, Closky sait que ça travaille surtout du coté de la réception de tout cela, car nous sommes tous encore ici ! Closky est l'artiste français de la fin du 20eme et du début du 21 eme siècle. Une rétrospective exemplaire, un espace aveugle et tout dans le catalogue !

Archeology of longing, à la Fondation Kadist, commissaire : Sofía Hernández Chong Cuy.
Une exposition que j'ai visitée vide, dont je n'ai aimé aucune oeuvre en particulier mais que j'ai troiuvé tellement bien assemblée et construite qu'elle evoquait vraiment un lieu, un prsonnage de grandmère fictif et de brocante années 40, quelque chose de vraiment narratif et ambient alors même que ces questions de fiction et de narration en art m'ennuient totalement.






Et puis aussi à ne pas oublier les expos suivantes : Une exposition chorégraphiée de Mathieu Copeland à la ferme du buisson (qui soulève beaucoup de questions très riches sur l'exposition comme médiatisation, entre live et différé, événement-non événement, lieu et durée), Wade Guyton (qui monumentalise notre geste quotidien de l'image devenu fichier informatisée puis imprimée sur une surface), Wolfgang Tillmans 'strings' (cf mon post précédent), Reena Spaulings (dans la même lignée de l'image sans support fixe, aux éléments pigmentaires nomades et volatiles)







lundi 29 décembre 2008

Pop Consulting

Votre expert en audio libido vous délivre ces quelques conseils : mes découvertes de 2008 regroupées en catégories plus ou moins précises : un nom, un lien et une description sommaire pour donner envie d'aller écouter, bonne pèche ...


Entre pop synthétique et dance-rock : sous le haut patronage de New Order


Performance
De Manchester, faisant le pont entre Jesus & Mary Chain & New Order pour les mélodies, emballés dans une prod° power pop synthétique à la mode.

White Williams
Un groupe New-Yorkais anglophile, des guitares qui groovent mélancoliquement (le fantôme de New order encore) et une voix qui rappelle les sparks, des pop songs sèches et lyriques, ils sonnent comme un groupe anglais qui aurait bien écouter Joy division et Wire mais se sent pas obligé d'en rajouter dans la fétichisation de leur son ou des attitudes.

Violens
Des américains, une power pop lyrique, un son 60's dans les voix et les choeurs masculins entre Beach Boys et Nazz, des mélodies à la Cure/Wire, de vrais héritiers de New Order, pas à la lettre mais dans l'esprit : sobre, lyrique et à la puissance controlée.

Shocking Pinks
Des Néo-Zélandais du label DFA rec. Une new wave lo-fi mélancolique : entre New Order et la légèreté naive du label Sarah records.

Cut Copy
De la pop synthétique, qui a rejoue du Human League, mélodique et bien produit, une voix claire et des choeurs joyeux, sur une production variée, aussi bie noisy que réminiscente des raves d'ibiza des anénes 90
Darlings of the split screens
de Sheffield, de l'electro pop dansante, sophistiquée et légère, entre RNB et pop 80's synthétique (Human League)

the Laughing Light of Plenty
Groupe américains aux guitares dansantes entre gang of 4 et happy mondays

Collapsing Cities
Une voix d'homme grave et claire, un esprit Madness, le son comme interpol, un bon songwriting

Empire of the Sun
duo australien, des mélodies new wave lorgant vers le psychédélisme pop acoustic qui peut évoquer Love & Rockets/Mission, un son très FM 80's, des pépites pop veloutées


Musiques électroniques

Mala
Du dubstep instrumental calme et profond en espace, un gros son très puissant en basses.

Skream
le maître du genre dubstep, relire le post d'avril 2008

Ceephax
Un DJ d'électro, un son acid house profond et sombre mélé à une instrumentation poppy, édité sur Rephlex ou Planet Mu, sérieux, comique et orginal.

Ikonika
Une anglaise qui produit du dubstep minimal et original

Scuba
un expert d'un son ample et sombre, du dubstep noir.

Quantec
Un DJ allemand qui continue la tradition de Basic Channel : de l'ambient et de la techno calme et minimale, hypnotique et méditative

Miss odd Kidd
Une rappeuse anglaise cousine de M.I.A. et Kid Sister, sur une musique afro-électro et des arrangements house old school, un rap féminin qui rapelle Salt n' Pepa, un son plat (sans basses) des 80's, l'anti gros son RnB sophistiqué, pour de bonnes chansons traditionnelles dans la lignée de Santogold.

Buraka Som Sistema
Un groupe Portugais, un gros son sale et brutal, hyper dansant, sur un rythme angolais : le Kuduro

De la Pop blanche sophistiquée : sous le très haut patronage de St Etienne / Pet shop Boys
Beige
Proches des Black Kids, un duo de pop synthétique rétro rare aux USA.

Semi finalists
Des anglais nostalgiques des néo-romantiques, entre sophistication synthétique (Scritti Politti, Cars) et touching pop indé.

Chairlift
Un trio de Brooklyn, encore, une pop sage et savante, entre St Etienne et le psychédélisme sombre de MGMT.

I haunt Wizards
Une angaise qui croise des mélodies new wave indé tristes (Smiths/Throwing muses) avec une production electro cheap (Yazoo/Shampoo)

Din Stalker
Un suédois héritier de JM Jarre et JJ Perey autant que des musiques de jeux vidéos qui produit des tubes instrumentaux à redonner le sourire à un gothique.

Pacific
Un duo synthétique de Suédois, à l'inspiration tirée des Beach boys et de Air : c'est a dire solaires et joyeux, dont la voix rappelle Human League et la production un son compressé / 80's de pop FM sophistiquée (type Cars)

Nordpolen + The Tough Alliance
Il semble que la tradition pop anglaise qui va des Beatles au Pet Shop boys, en passant par New Order et St Etienne ait migré en Suède ou en Scandinavie, Des tas de groupes là-bas pratiquent en anglais, le meilleur des années 80 tendance gay et Erasure. C'est adire des chansons tristes et mélancolique, chantées avec joie, de vrais voix et sur de gros beats, des basses irrésistibles : insouciance, énergie et lyrisme ...
On peut ajouter une longue liste de groupe scandinaves (Suède et Norvège principalement) à la hauteur d'Abba et de New order, qu'il soient plutôt synthés ou guitares : à vous de choisir :
September, BWO, Pelle Carlberg, Sally Shapiro, Pacific !, When Saints go machine, Efterklang, Frost, the Lion heart brothers, Datarock, Black Belt Andersen, Slagsmalsklubben, Slaraffenland, Those dancing days, the Concretes, Lindstrom, Lo-fi Fnk, the Legends, Club 8, Peter Bjorn & John, Enveloppes, Love is All, Jens Lekman, José gonzales, El Perro del mar, the knife, The Soundtrack of Our Lives, Disjokke, Sambassadeur, My darling YOU!, Lykke Li,
Air france ...

Sally Shapiro
Une voix timide (type St Etienne) et des sons de synthés cheap et italiens des années 80. Entre Lio et TV Personnalities.



Pure POP, indé à la guitare, nostalgiques des 60's ou électro : des chansons mémorables qui mettent de bonne humeur


the Voom Blooms
Un son d'anglais pur jus, des guitares cristalines, énergiques et chatoyantes, de un chant à tue-tete, des mélodies irrésistibles. Entre Stone Roses et Orange Juice.

Titus Andronicus
De la power-pop US mais sexy et énergique, assez épique et mélodique, des mélodies enfantines et rigolotes, un coté joyeusement bordélique comme l'ont été un temps les Pogues des débuts ou Arcade Fire en live.

Wild Beasts
Une voix masculine haut perchée, un big band au son de cabaret (évoque Arcade fire en plus pauvre), des originaux, qui me rappelle vaguement Communards et Undertones faute de pouvoir mieux les décrire.

Team Waterpolo
UK power pop indé aux accents de Housemartins, Madness ou de glam à la Roxy Music des débuts ("so called summer"), bonnes mélodies et refrains joyeux et sautillants, une écriture de pop indé au piano (plutot qu'à la guitare) qui peut laisser augurer d'une personnalité et de compositions singulières. Pas de lourdeur punk ou de rock véléitaire.

Cut off your hands
De la power pop indé, rapide et gentille, entre Teardrop Explodes et Pulp, mégalo aux hymnes populaires digne d'un stade de foot (de Liverpool tout de même !)

The School
De la pure pop 60's, entre les Supremes et les Pipettes.

Russian Futurists
2 Canadiens, des chansons pop sur des samples et des rythmes dansants, comme le meilleur de Beck ou Hot Chip. A fredonner toute la journée.

Passion Pit
Nommé d'après un film porno de Tracy Lord (1985), ce type représente une nouvel vague de compositeurs indépendants américains qui travaillent plutot sur clavier et à l'ordinateur qu'à la guitare (comme Casiotone for the painfully alone), tout en étant issu d'une culture de college rock indé. Beck, LCD soundssystem et Hot chip ont de nombreux héritiers sur ce continent et c'est un bonne nouvelle pour nous éviter un revival grunge.

Solid Gold
Ils viennent de Minneapolis, la cité princière, jouent de l'électro pop-funk, vers du hip hop blanc qui rêve en écoutant cocteau twins et la new wave nuageuses de la noisy pop anglaise des années 90. Un mélange singulier.

Love is all
Sue, power pop très joyeuse et punky / indé, vers BSP/ très énergique, voix de fille tendue et criarde (punk), power pop et super mélodies

Harrisons
Un petit groupe de Sheffield, de l'indé pop fraiche, dansante et nerveuse, une voix classe et posée.

Golden Silvers
de la pop ensoleillée qui rappelle le Style council, Blow monkeys et Orange juice, le coté mods des années 80.

Hello Goodbye
des Californiens, electro lo-fi, entre Postal service et Weezer pour la capacité a écrire des tubes


Neo Disco

Hatchback & Windsurf
2 projets des mêmes personnes (ou presque) de San francisco : Hatchback : électro 80's au son plat, très proche d'une pop FM et du soft rock vide et hypnotique, de la muzak volontairement ennuyeuse et militante, anti techno et anti-grosses basses, pronant une dance-music à rythmes lents.
Windsurf évoque plus Cure (mélancolique) au travers d'une musique instrumentale héritière des musiques de films des années 80 dans un son plus rock et noisy.

Loud E, Ambassador's reception
Steve Kotey, Dolan Bergin, Loud E, Tako & Max Essa : des originaux, autant un groupe qu'un collectif ou qu'un ensemble de groupes et de DJs et de collectionneurs de vynils rares de disco et de funk, aux rythmes ralentis et hypnotiques, afro-disco-italo-noni rota
http://www.myspace.com/maxessamusic
http://www.myspace.com/soireekoteyessa


Les Songwriters de pop classique

Helio Sequence
US pop lyrique new wave, entre Sundays et Band of horses/ pop 70's

The Western State motels
Des californiens, entre Sebadoh et Weezer : classe, calme et mature

Grand Archives
proche de Low, Band of Horses, une voix masculine éthérée & des mélodies venues des Byrds 60's ou de Wings

Sunset Rubdown
Spencer Krug est un ex de Wolf Parade, il est du Quebec et pratique la pop orchestrale avec classe, sobriété et trop de discrétion.

Misha
lo-fi folk intimiste, des mélodies fragiles et tristes comme TV Personnalities ou Casiotone, un vrai songwriting pour un groupe qui n'est pas dans un réseau branché malheureusement pour lui, et pour nous.

Matthew Sawyer & The Ghosts
Leur auto-description est très belle : "Hank Williams is at the ronettes house putting up some shelves with mo tucker and gossiping about johnathan richman while townes van zandt sings raincoats covers"
Une Voix entre Johnny Thunders et Daniel Johnston, des mélodies à pleurer tombé des carnets de notes de TV Personnalities. Un grand groupe ignoré.

FrYars
Un crooner grandiose style Suede/ St Christopher mais pauvre, d'une tradition lo-fi et casiopop à la Baby Bird, une vrai songwriter démodé et classique, entre Momus et Jarvis Cocker.

The Boy Least likely to
Pop anglaise appliquée et discrète mais de vrais chansons, entre FrYars et Weezer

Fleet foxes
De la pop baroque, spacieuse, calme et classe, du Neil Young solaire et vaguement psychédélique.

the Esther Caulfield Orchestra
un son psyché 60's lo-fi et roots 70's (jouant de la citare, mais mélodies plus sombres et gothiques), vers le folk et la country revue par les Kinks, Syd Barrett, évoque MGMT dans le chant et les mélodies vocales; Un bon esprit, un vrai son et de l'originalité.

Cherry Ghost
De Manchester, sur Heavenly records, une pop orchestrale classe et mélancolique, entre Divine Comedy/Go betweens et la country pop de Johnny Cash


et enfin une dose nécéssaire de Psychédélisme, décidément indémodable car déjà démodé, toujours pareil, mais je ne peux m'en passer :
The Big Pink
Des héritiers du Velvet et de Spacemen 3, du shoegaze hypnotic et dansant dance music, des transes construites sur des multis couches de guitares et de textures, un My Bloody Valentine allemand, mais américains !

Lemonade
Du hip-pop psychédélique venant de la source : San francisco, entre Beastie Boys, PIL, et une rave-party des années 90 (Madchester)

Mirror mirror
NYC, un chant psyché et décalé, un son très original (rétro 70's, assez dépouillé) mais des harmonies chorale venues des flaming lips, un orgue cousin de procol harum. Une production avec un son étouffé comme les premiers joy division / Cure.

Mystic Chords of Memory
Psyché rock californien, guitares de sheogaze ensoleillé de country éthérée, laissant filtrer des rythmiques hip hop, entre Neil young et Beck.

Times New Viking
du rock psyché bordélique et un son hyper crade et saturé qui dissimulent mal des mélodies poppy et répétitives, une sorte de Jesus & Mary Chain / Pavement / Pastels : du blues vivant et brulant.

dimanche 28 décembre 2008

Best of POP 2008

Ma collection de corps et d'attitudes possibles... Pourquoi cette année, est-il plutot possible de se projeter ainsi et pas avant et plus après ? Mystère des modes, des moments d'une culture, d'un réseau de socialité ! J'aime ces traces de 2008, de comment des corps dansant et chantant, ce sont tous des groupes de pop musique, sont possibles et comment avec leur corps ils incarnent des images et des fantasmes de transformation, de mutations, de différenciation, d'ancrages hors du réel immédiat. J'aime aussi le jeu carnavalesque autorisé par notre société ici. Et je pense aussi à cette phrase de Françoise Dolto, titre d'un de ses ouvrages : "l'image inconsciente du corps" :

The School



Lupe FiascoKid Sister Dragons of ZynthThe School of 7 bellsMirror MirrorGlass CandyLate of the PierThe Black KidsCajun Dance partyMuffyHyper crushGoldie Locksrobots in disguiseMuffy Aleks & the drummerLittle bootsSantogoldChairliftRio en MedioOf montrealLightspeed ChampionEbony BonesBat for lashes

samedi 27 décembre 2008

L'homme exposé

Notes après la visite de l'exposition : L'homme exposé, au Musée de l'Homme à Paris (Trocadéro).
Dès l'entrée, la scénographie, très visible et même omniprésente, souligne l'enjeu du regard à porter sur ce qui est exposé ensuite. L'espace est empli de caisses en bois brut, empilées, entr'ouvertes, dé-scéllées, fendues en deux. On comprend de suite qu'il s'agit de renvoyer le spectateur à l'importation et au transport des objets exposés, sous l'angle du colonialisme au sens très large : ramener de l'ailleurs ici ou ramener du lointain (dans le temps) dans le présent.

Mais il ne s'agit pas que de cela, car l'exposition démarre sur la question suivante : les découvertes scientifiques, géologiques et éthnographiques renforcent-elles les mythes, croyances et fantasmes ? Aussi bien sur le plan social et sur ce qui définit l'autre, celui qui ne ferait pas partie du groupe social ? Ou bien cela transforme-t-il les récits fondateurs de ceux qui font les découvertes ?


La partie gauche de la première longue salle de l'exposition montre comment, par exemple, la décourte d' un crane d'éléphant, avec un trou en son centre renforce la croyance dans l'existence mythologique des cyclopes. La partie droite, montre comment au contraire, se fonde progressivement une science, la science des Lumières puis l'anthropologie ainsi que la notion de primate, d'homme préhistorique qui remplace les notions d'"homme antédiluvien", c'est à dire d'avant le déluge et l'Arche de Noé. Ensuite donc, d'un côté, les monstres, animaux inconnus ou difformités humaines (des squelettes de siamois expliquent l'origine de ce terme : 2 bébés nés collés du Siam populariés au 18éme siècle) ou même des silex taillés jadis retrouvés et attribués à la foudre (car il été inconcevable que des pierres si anciennes soient faites de main d'homme). A cela s'oppose l'élargissement progressif de ce que serait ou aurait été l'homme : un Néandertalien, jusqu'à la théorie de l'évolution.

De là, on passe à l'exposition de l'autre, du monstre de foire au corps des populations colonisés et dites exotiques. La Vénus Hottentote (un moulage réaliste) est ici exposée revétue et protégée des regards derrière une vitre opaque qui ne laisse voir que son visage les yeux clos. Son nom lui est rendu : Saartje Baartman, elle est exposée dans une caisse de transport l'assimilant à une marchandise, sa biographie succinte nous est donné. L'information sur son retour à / en Afrique du Sud en 2002 accompagnée de funérailles nationales. Ou comment penser en terme d'exposition des questions de politiquement correct et de rapport à l'histoire des regards posés sur un objet.

L'exposition pense aussi à nous montrer des représentations des Européens par les habitants de contrées lontaines. Voir comment nous sommes aussi l'autre des autres. Dans une deuxième section, les mêmes caisses de transports sont peintes en blanc pour parler de l'exposition du "corps autre", du noir surtout, via les sculptures de Charles Cordier, des bustes sculptés accompagné de moulages anthropologiques : des têtes de toutes éthnies réalisés post mortem assez courament au XIXeme siècle. Fascinant spectacle à méditer sur les origines de nos clichés sur l'étranger.
sculptures de Charles Cordier


Pour finir, nous passons dans un espace très vaste de plafond organisé comme un entrepôt de marchandises (pensez à la partie avant les caisses chez Ikea), fait de vastes structures métalliques avec onglets nominatifs par sections. L'homme est ici décortiqué par comportements : face à la mort, face à l'usage de ses 5 sens, puis selon les usages face à la maladie, l'héridité, les mesures, les normalités et corrections anatomiques, allant du piercing à la phrénologie (étude des bosses du crâne) en passant par les habits talismaniques et protections contre les maladies, exposés comme aux puces ou dans des boites Ikea.

Ce parti pris de "mettre en boîte" les coutumes et représentations que les hommes se font à eux-même, mais aussi de l'autre est très fort. Il permet de poser un regard étonné sur des partitions de Bartok (pour sa généalogie de collectionneur de mélodies traditionnelles), que l'on perçoit alors comme un mode très "étrange " de notation des sons, du besoin de noter de ce que l'on entend. Le familier actuel, le normal est ici pris dans le même dispositif muséal que l'ancien et l'exotique. L'exposition présente, en quelque sorte, les affaires et effets personnels d'un riche collectionneur fanstasque et maniaque sur le point de déménager. Un personnage qui voudrait tout conserver de sa famille présente et passée. Il s'agit je pense, selon les désirs des commissaires (Zeev Gourarier) et scénographes (Laurence Falzon, Denis Pegaz-Blanc) de montrer une vaste entreprise de construction, un chantier continu et à suivre, dont la clé de lecture serait le casque jaune de chantier exposé sous verre, avec malice et humour.

Détail de la salle des moulages éthnographiques : des archétypes et des individus particuliers à la fois : un effet figurant de cinéma, on voit une personne unique mais la façon dont elle apparait, le manque d'information sur elle et le manque de parole de sa part en fait un figurant, une image générique d'un groupe vague et mal défini.

Le dispositif scénographique souligne donc notre manie d'objectiver et d'ajouter des objets à nos corps, à nos sens, à nos morts; à partir d'une vision d'une humanité unifiée, ne faisant plus qu'une (ce qui se discute! ) ... Mais ici, l'objet n'est pas fétichisé, ni magnifié, ce sont plutot les fonctions qui sont exposées avec des objets et images pour les illustrer. D'où, bien-sur, l'abondance de textes, de petits cartels ou de grands panneaux, très nécessaires au début puis moins essentiels une fois que l'on a compris le principe. L'échelle de l'espace et de ce dispositif produit un effet de recul et de retrait, on peut naviguer là-dedans, comme dans une vaste mémoire. Un peu à la façon dont Steve Mc Queen à L'ARC il y a qq. annés projetait les images qui résument l'humanité envoyés dans l'espace par la NASA pour d'éventuels contacts. Le diaporama était projeté dans un très long espace sombre qui nous permettait de nous regarder depuis très loin, comme si l'on se souvenait de choses très anciennes et disparues, d'un savoir non valide, ou du moins potentiellement autre.



Ce qui a pour effet de suggérer que ça pourrait être autrement, différent, que l'homme peut et va changer, mais qu'on hérite d'un peu tout ça. On peut observer l'humanité comme un magasin ou un étalage d'hommes possibles et donc en inventer d'autres... La notion de personnages m'est apparue, l'humanité serait faite de et par des masques humains, d'un devenir humain réalisé de plein de façons différentes et donc relatives. Pensons à Jonathan Meese ...

J'ai beaucoup aimé les sous-titres ajoutés aux objets sous forme de questions (sans donner les réponses), le principe d'une expo avec plusieurs points de vues antagonistes mis en scène. J'ai aimé l'usage de ces caisses et panneaux de bois comme socles, comme supports d'information, comme cartels, comme supports de reproductions de documents en sérigraphie produites spécialement (gravures agrandies sur panneaux de bois). J'ai aimé l'exposition de documents comparatifs. J'ai aimé voir du laid et du glauque (momies, diformités) qui peuvent surprendre les familles mais sont aussi visibles et désignés comme objets difficiles à classer. C'est donc un musée qui s'auto-expose, qui expose ses façons de fonctionner, les façons dont notre imaginaire de l'identité et de l'autre fonctionne.

Céphalomètre de Dumoutier, 1842


Une exposition A VOIR malheureusement sans publicité ni rumeur, pourtant essentielle, agréable, pédagogique (1er degré) et critique (2éme degré) qui se regarde aussi en se souvenant des expositions surréalistes : posant à la fois un regard sur des objets, sur des usages d'objets et sur comment se produisent contextuellement nos rapports aux objets. Merci pour cette exposition !

mannequin chinois d'acupuncture, collection du musée de l'homme


dimanche 23 novembre 2008

Smoke gets in your eyes

Un duo de l'artistre Sam Taylor-Wood avec les Pet Shop Boys pour une reprise des Passions (1981)
http://www.thepassions.co.uk/german_film_star.html


et l'originale de la chanson ici :
http://www.youtube.com/watch?v=lkismiXva3M