Affichage des articles dont le libellé est cerveau. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est cerveau. Afficher tous les articles

jeudi 12 juillet 2012

Food Art

Joseph Beuys, sculpture-action, 1961


Will Murray, the pain café sucré, 2010


Roy Lichtenstein, meat, 1962


Darren Bader, french horn with guacamole, 2011


Darren Bader, noodle soup with movie, 2012


Darren Bader, sandwich #2, 2012


Darren Bader, sandwich #3, 2012


Robert Mappelthorpe, eggplant, 1985


Roy Lichtenstein, ice cream soda, 1962


Elad Lassry, olive oil & artichoke, 2011


Maxime Thieffine, provisoirement non titré, 2012


Sandy Skoglund, luncheon meat on counter, (photographie) 1978



Un troisième post (cf. ici et ici et sans doute pas le dernier) motivé par l'exposition de Darren Bader à 1857 sur les rapports entre art et nourriture, entre vital et spectacle, entre artifice et organique, entre l'oeil et la bouche, la matière et la substance, entre le cerveau et le ventre ...


jeudi 4 mars 2010

Ivresse de l'information - Dataholic


Je découvre la pratique du dessin et des encres de Henri Michaux. Ce qui me fascine le plus, c'est sa période de dessins sous mescaline des années 1950 où il figure l'activité de son cerveau sur la feuille au moment même où elle se passe : il invente l'IRM, ce que confirme les images médicales d'aujourd'hui. Ce qui me rappelle aussi que regarder la TV/vidéo est une activité de drogué, au sens très large, une addiction à des signaux électriques qui parlent directement au cerveau, bien au delà du contenu et des messages. La TV c'est surtout et d'abord le plaisir électrique d'une onde qui nous traverse le cerveau. Et le patron de TF1 a raison quand il parle de "temps de cerveau disponible" comme résumé de son activité de producteur TV ... Question de vibration, d'ondes, de grouillement, de chatouillement nerveux, de caresse anatomique du cerveau ...






en collaboration avec Google images, Roman Opalka (détail de détail), Matrix, Sean Snyder corrupted data, Seurat (détail), Seth Price, Henri Michaux encre de chine 1958, Warlimpirrnga Tjapaltjarri peintre Aborigène, Vue d'une Synpase, dessin de Vija Celmins, Henri Michaux peinture mescalinienne 1958, Liz Deschenes moiré 9 (2006), Claude Closky papier peint Nasdaq et Opalka devant une de ses toiles

mardi 15 décembre 2009

Albert Oehlen

Je découvre vraiment le travail d'Albert Oehlen grâce à la très belle exposition du MAMVP : "réalité abstraite". Oehlen expose des toiles peintes qui combinent différentes techniques d'applications, croisées et superposées : peinture à l'huile, collage d'impressions jet d'encre, coups de bombe vaporisés, coulures, application lente et épaisse, ou vive et caressante, avec les doigts ou divers pinceaux, selon divers mélanges ou en à-plats unis.

La toile n'est évidemment ni close sur elle-même ni un pur travail formaliste (comme l'écrit bêtement Dagen, parlant d'art pour l'art) mais bien au contraire le lieu de convergence de gestes courants aujourd'hui, dans les façons d'appliquer de la couleur (à la main ou via une imprimante), de projeter des images grands formats (Oehlen n'ignore pas le lien entre le format de ses toiles et les affiches publicitaires) ou dans sa façon d'inscrire ses productions dans le regard de ses contemporains. Oehlen travaille sur la zone délimitée de sa toile à comprendre, à dialoguer avec et à intégrer ce que notre oeil subit bon gré mal gré, ce mélange chaotique d'informations : entre lecture et vision fugace, entre observation et décodage.





Il ne révolutionne rien, il continue Rauschenberg et De Kooning mais il fait le lien avec l'état actuel de notre regard et des techniques de production de masse ou amateurs des images. Il sait que ce déchainement d'information visuelle dans nos villes et notre quotidien peut etre pensé avec ce que ses ancètres ont fait dans le médium peinture, au travers de la gestualité de l'expressionisme entre autres. Oehlen n'est expressionniste que relativement à d'autres gestes qu'il travaille aussi (collage, stratification, zoome). Son coup de peinture efface mais souligne, zoome dans la publicité ou l'affiche qu'il a placé au centre de la toile avant de commencer. Son geste fait partie d'une stratégie optique et sensorielle. Le passé de la peinture/des peintres rejoint notre actulité de lecteurs/spectateurs du monde actuel : déchainement d'énergies et de libido, de couleurs et de morceaux de corps flottants ou agrégés sur des mots et des surfaces stratifiées. Notre cerveau plongé dans ce monde produit ce que d'autres ont produit seuls jadis dans leur atelier. Eux, avec leurs mains, nous, avec notre mémoire et notre corps en ville ou devant les médias. Notre cerveau danse à l'intérieur de lui-même (au milieu de visions, traces et émotions) comme Pollock jadis sur sa toile.





Il ne faut pas hésiter non plus à plisser les yeux pour changer la focale et jouer avec les échelles possibles de la toile, sa puissance synthétique (une structure bien visible dans le flou) et sa sensualité matérielle (visible de très près) alors que la distance moyenne, photographique serait celle du cérébral, du temps de lecture et de l'effort de discernement, de la promenade appliquée et de l'enfoncement progressif, passant du comprendre au voir.






Oehlen ralenti notre regard, il réfléchit nos excitations en les agissant autour et avec des sources hétérogènes. Je ne sais pas ce que veut dire le titre de sa dernière série largement exposée ici (FM) mais ce coté "ondes sonores" évoque clairement l'idée d'une matière visible et visuelle agie et traversée par une altérité, celle des ondes d'une autre nature (sonore et verbales) pour aboutir à une musicalité, à une rythmique corporelle de ses propres perceptions déposées sur la toile. Comme des électro-ancéphalogrammes, FM enregistre l'activité d'un cerveau relié à un corps face aux images. Le formalisme de sa peinture est donc une réponse politique et volontaire aux messages et aux flux; une réponse avec le corps et non avec des arguments cérébraux. Le bruit et la matière, la réalité physique des images comme réponse à leur puissance immatérielle, idéologique et fantasmatique.



A voir aussi : ses dessins noirs et blancs tout autre, ceux de 2009 encore : jeux cartographiques de calques transparents et de stratifications de lignes et de textures synthétiques à la Polke/Lichtenstein, entre gestes, typographie, synthèse informatique, motifs décoratifs et dessin d'ingénieurs.