mardi 23 juin 2009

T-Shirt hyper média

Une info magnifique et poétique, vue sur le site du NME et résumée de façon ironique sur le site de France 2, le 17 juin 2009. : J'ai d'abord aimé les mots : "New Mos Def album to be embedded in T-shirt". "Embedded" veut dire intégré mais on pense aussi à lit (bed), à quelque chose de "couché" et d'allongé. On dit "embedded" d'une vidéo YouTube qu'on intègre à sa page web. Reverso le traduit par incorporé, ce qui sonne pas mal non plus.


Je résume donc la dépèche : Le "Original Music Tee" de Mos Def, est un "mixtape shirt", ce qui est faux mais l'expression est assez belle, c'est un T-Shirt orné de la pochette de l'album au recto et de la liste des morceaux au verso, avec une étiquette intérieure munie d'une URL + d'un code unique et personnalisé pour télécharger l'album au format MP3. L'objet est édité par LnA, Downtown Music et Invisble DJ et sort le 7 juillet 2009. La chronique (en anglais) du disque est sur Pitchfork.

Des MP3 incorporés à un T-Shirt, on arrive tout doucement à ces glissements entre objet et média, entre objet inerte et interface intelligente, entre surface et profondeur. Ce qui réalise un graal de l'oeuvre d'art qui peut être : ici et ailleurs en même temps, être objet et signe à la fois. Art non pas interactif, mais synesthésique. Principe d'équivalence entre une sculpture qui est une pièce sonore, un mot qui est un code, un code qui est un lien, un contenant qui est le contenu, ce que j'ai aussi essayé de faire dans mes dernières pièces exposées chez Charlie Jeffery.



dimanche 7 juin 2009

Optiques Digitales




Avec des images d'oeuvres ou de vues d'expositions de (par ordre d'apparition) Haim Steinbach, Sean Snyder, Jean-Luc Moulène (deux bassines, 2007), Reena Spaulings (vues d'expo chez Chantal Crousel), Cheyney Thompson, Ryan Gander, Wolfgang Tillmans, Wage Guyton, Vasarely (mindoro 2, 1954-1958), Michael Skoda, Brassai, Vera Molnar et Christopher Williams.

samedi 6 juin 2009

V I D E O ART

sélections de clips assez épatants :

LA roux : bulletproof, qui entremèle JP Raynaud,
Tron et la suite d'expos 220 jours dans un synthèse de (presque tout) l'art du 20 eme siècle




et pour voir la jeune fille (LA roux est un duo, la fille le visuel) en moins coincée et plus vivante et jolie : interview ici

Rex the dog : bubblicious (animation)





Numéro : tout est parfait




M83 : we own the sky (Sorry M. Klein !), à voir sur le lien vers YouTUBE ? belle vidéo, c'est mon coté fleur bleue malgré un coté hollywoodien - pub pour produits laitiers - vidéo de Laurent Montaron ...

et puis une nouveauté : Harmonic 313 : battlestar (Warp records) pour les vibrations



et pour finir en plus cheap et documentaire : Duchess Says : black flag , qui recycle un documentaire des 80's assez passionnant si on pense à Mark Leckey (cf mon post ici)



jeudi 4 juin 2009

Le son de Group Doueh

Soirée aux Instants Chavirés (Montreuil), pour découvrir le Group Doueh, qui tourne en Europe grâce au label Sublime Frequencies, des américains qui distribuent des musiques pop et électriques de patries non connues de nos oreilles occidentales (pop thai, proto raï des 70’s, groove du Sahara, etc). Une veine de sons électriques que j’avais mis en play-lists sur You tube, partant du psychédélisme US des 60s et réapparaissant dans la pop globale actuelle au travers de Rainbow Arabia et des branchés de Brooklyn, ou ce type de labels de ré-édition/re-diffusion.





Une musique donc que je ne connaissais pas du tout mais que je peux entendre parce que mes oreilles de pop-fan et ma culture rock blanche issue de la tradition anglo-saxone des sixties m’a, en quelque sorte, préparée. Et à l’écoute de ce concert, agréable malgré un son assez difficile (trop d’aigus saturés), j’ai entendu de nombreux univers sonores que je connaissais qui traversaient l’ampli de guitare, les 2 voies (homme et femme) et le synthé de Group Doueh.



D’abord le Yamaha, joué assis, par un jeune type (ou est-ce l’inverse : le type joué par son Yamaha ?) qui semble se souvenir de basses roulantes, grondantes et galopantes de l’Acid house des premières années (Acid Thunder / le son de Chicago en 86-88 tel que sauvegardé sur la compilation Acid de Soul Jazz Records par exemple). Mémoire de machines synthétiques qui portent le souvenir de motifs qu’ils n’ont jamais entendu mais qu’ils ont joué sous d’autres cieux et dans d’autres géographies.


Généalogies inconscientes qui passent aussi par la complicité entre boîtes à rythmes et basses dansantes et guitares électriques chantantes que évoquent fortement le son mancuniens des années 90 : Madchester et plus particulièrement les Stone Roses période One Love ou la tournée de 1989. Sonorités aigües et arabesques et psychédélisle des guitares déformées à la wah-wah ou par autres effets (que je connais mal) qui viennent pour nos oreilles de Robert Fripp et de la talk-box de Roger & Zapp (parvenus jusqu’à nous par l’intermédiaire des voix de robots des Daft Punk).




Les voix de l’homme et de la femme (grand charisme et grande joie perceptibles sur scène) prolongent en longue incantations tournoyantes et répétitives le chant aigu et électrique de la guitare de Doueh, guitariste et leader du groupe. Comme des enfants qui imitent des instruments avec la bouche, les volutes se croisent et se superposent, comme une transe à la Manuel Goettsching. L’air de rien se dessine toute une filiation sonore qui part du bain électrique bouillonnant du Velvet Underground, se difracte et rayonne par Suicide (via le dub ) car les réverbs sont omni présentes chez Doueh. Ca peut sonner kitsch mais c’est aussi un effet clé du psychédélisme. Guitares saturées et brouillage (nuage orageux) entendus chez Spacemen 3/ Loop , Sonic Youth et la noisy des 90’s.

Moment magique et étrange hier de voir toute cette jeunesse branchée (bien peu d’Arabes dans la salle) danser et taper des mains sur des rythmes et chants au fond très simples et pas loin de Kassav ou la Compagnie Créole, j’exagère à peine, le son n’est pas le même mais l’esprit des mélodies et des rythmes est finalement assez proche.


Destin des sons et des usages des instruments assez fascinant, qui font des détours dans le temps et la géographie pour se croiser, disparaître et réapparaitre ailleurs, là où des oreilles et des corps peuvent les entendre et les jouer à nouveau. Une info qui résonne particulièrement ici, le père de Thomas Banglater n’est autre que Daniel Vangarde, le producteur de Ottawan et de la Compagnie Créole. Comme quoi …


Un mot sur le film diffusé avant le concert (Palace of the winds de Hisham Mayet), le voyage filmé (mal) par un producteur du label qui les édite aux USA, voyage qui avait pour but de retrouver justement le dit groupe Doueh en partant du Maroc pour arriver en Mauritanie. Signalons dans le film, la présence de Yassin Oueld Enana, si j’ai bien lu au générique, à découvrir et à écouter également. Dernière séquence sublime du guitariste et claviériste affalés dans un canapé, jouant mollement (rappelant les films de Satyajit Ray) – de façon non expressive dirons –nous (mais avec une super puissance sonore) devant une assemblée constituée d’une cinquantaine de femmes, toutes assises, dans un vaste salon, 2 ou 3 dansent debout, les autres parlent et écoutent. Moment abstrait, hors de la vie et du monde ! Toutes sont revêtues de voiles ne laissant voir que leurs mains et visages, mais elles sont maquillées et apprêtées. Leurs voiles légers sont hyper colorés, fluos, pastels, turquoises et bigarrés de motifs animaliers évoquant des peaux de serpents, de caméléons ou de tigres. Foisonnement de couleurs, imbrications de trames et arrière-plan mythologique animalier fascinant pour ces corps vivants dans le sable et le désert, en même temps que sophistication picturale et visuelle. Cette situation aurait plu aux surréalistes.

lundi 1 juin 2009

Perfume Genius Gay Angels

Une vidéo simplement incroyable : comment s'écorcher vivant, mais à l'envers.




et ce commentaire de la vidéo par un internaute ci dessous !!!!

drippingdream : This song makes me wish I could suck my own dick.